Maroc Digital 2030 : Redouane El Haloui souligne l’importance de prioriser les chantiers pour réussir la transformation numérique

Le​‍​‌‍​‍‌ succès de la stratégie nationale Maroc Digital 2030 dépendra de l’habilité du Maroc à mettre en avant les chantiers les plus importants, à bâtir une gouvernance solide et à assurer une bonne coordination entre les parties prenantes tant du secteur public que du secteur privé, juge Redouane El Haloui, président de l’Association professionnelle des entreprises de technologies de l’information (APEBI).

Une stratégie maîtrisée mais des sujets à concrétiser

Alors que le Royaume poursuit son positionnement de hub régional de services digitaux et d’offshoring, la feuille de route a déjà eu le mérite de faire bouger les lignes en matière de digitalisation des processus administratifs mais aussi de sensibiliser à grande échelle aux enjeux du numérique. Toutefois, l’avenir de Maroc Digital 2030 reposera principalement sur une capacité à mettre en oeuvre les transformations engagées et à identifier des axes de progrès au travers d’indicateurs mesurables.

Pour Redouane El Haloui, la réduction des délais de traitement des dossiers, l’agilité des services rendus par l’administration et la performance des mécanismes de remboursement en sont quelques-uns des critères si ce n’est des préalables pour soutenir la compétitivité du numérique marocain à l’échelle internationale.

Compétences, startups et l’étape des PME Tech

L’entrepreneur évoque avec force plusieurs chantiers de fonds, en tous points :

  • La question des compétences et leur adaptation aux attentes des clients lointains et/ou locaux, enjeu de taille qui va impacter la capacité du Royaume à monter en gamme sur le plan technologique.
  • La place majeure des startups et des PME Tech à intégrer dans les parcours d’innovation dus aux start-up pour créer de la valeur, pour irradier en veille géographique et pour mailler davantage l’écosystème digital Marocain.
  • L’enjeu majeur du financement de l’investissement privé pour diligenter la transformation digitale des entreprises/organisations et pour générer de l’emploi qualifié.

Redouane El Haloui se souvient que si des mesures comme la mise en place de plateformes digitales ad hoc et la modernisation des textes de lois, cadres réglementaires peuvent être perçues comme des avancées significatives, elles manquent néanmoins d’assurer une forte coordination des acteurs ainsi qu’une gestion serrée de la mise en œuvre de la stratégie.

Chantiers à prioriser pour voir avancer les choses

Si l’on souhaite que la stratégie Maroc Digital 2030 donne des fruits, Redouane El Haloui considère que les préalables suivants doivent être organisés sans plus attendre :

  • Mettre en avant les projets générateurs d’effets économiques substantiels ;
  • Mettre en place une gouvernance moins ambiguë et plus performante ;
  • Booster et exploiter davantage les interactions entre les acteurs institutionnels, les entreprises et les startups.

Cette démarche doit permettre au Maroc de concrétiser sa vision numérique en termes de croissance tangible, de création de l’emploi et de compétitivité globale — faisant de notre pays non seulement une terre d’accueil pour les investisseurs mais également un pays fournisseur de solutions digitales pérenne et de dimension régionale. ​‍​‌‍​‍‌